Trouver un bon dentiste : quelques idées reçues à connaître
Chacun connaît quelqu’un qui repousse son rendez-vous depuis des années, et chacun a aussi son avis tranché sur ce qui fait un bon praticien. Entre les conseils d’un cousin, les commentaires laissés en ligne et les on-dit de salle d’attente, la recherche d’un dentiste tourne vite au casse-tête. Or plusieurs certitudes très répandues ne résistent pas à l’examen. Autant les passer en revue avant de prendre rendez-vous.
Un titre affiché, un titre garanti ?
On imagine volontiers qu’une plaque bien garnie de diplômes et de mentions suffit à rassurer. La réalité est plus encadrée. En France, un chirurgien-dentiste ne peut faire figurer sur sa plaque, ses documents professionnels ou dans les annuaires que des titres reconnus par l’instance ordinale de la profession, laquelle contrôle aussi la régularité des diplômes.
L’inscription au tableau de l’Ordre est d’ailleurs obligatoire pour exercer légalement, et la vérifier est un réflexe qu’il faut avoir. Beaucoup de patients se fient pourtant à la proximité ou à l’allure des locaux. Un premier échange dans une clinique dentaire permet déjà de voir comment un praticien présente ses qualifications et répond aux questions, ce qui en dit parfois plus qu’une façade soignée. Le plus utile est de poser la question de l’inscription au tableau, sans gêne ni arrière-pensée.
Le détartrage fait-il forcément mal ?
Nombre de personnes évitent le fauteuil par peur de souffrir pendant un détartrage. Le soin n’est pourtant pas censé être douloureux. Il peut en revanche se révéler inconfortable, et cet inconfort s’explique le plus souvent par des causes précises, comme des gencives enflammées, une dentine exposée ou une appréhension qui crispe les muscles.
Reste la sensibilité qui s’installe parfois après coup, notamment au froid. Elle est généralement passagère, ce qui la distingue d’une vraie douleur. Pour les patients très sensibles, une anesthésie locale peut même être envisagée. Mieux vaut donc exprimer sa crainte avant le début du soin plutôt que de renoncer au rendez-vous.
Blanchiment, un geste si anodin ?
Les promesses de sourire éclatant ne manquent pas, et les produits non plus. Dans l’Union européenne, la règle est pourtant nette. Les produits vendus directement au public ne peuvent contenir qu’une très faible quantité de peroxyde d’hydrogène, alors que ceux situés dans la tranche supérieure sont réservés aux chirurgiens-dentistes, qui en assurent la première application ou la supervisent. Plus haut encore, les produits sont tout simplement interdits.
Un blanchiment réussi ne se juge donc pas à la blancheur obtenue. Ce qui compte, c’est l’examen préalable, car la situation de chaque patient doit être prise en compte avant tout traitement. Un praticien qui lance l’opération sans ce temps d’observation mérite qu’on s’interroge.
Consulter seulement quand la douleur s’invite
L’idée que l’on va chez le dentiste uniquement lorsqu’une dent proteste a la vie dure. Le brossage et le passage quotidien de la soie dentaire restent des gestes essentiels, certes, mais ils donnent de meilleurs résultats associés à des visites régulières et à des nettoyages professionnels. Une carie ou une gencive fragilisée peuvent progresser sans bruit.
Quant au rythme des consultations, il se discute au cas par cas. Un examen tous les six mois suffit pour la plupart des gens, mais le praticien l’ajuste selon l’hygiène de chacun, ses besoins de prévention ou de soin et l’accumulation de tartre. Un bon suivi personnalisé vaut donc mieux qu’un calendrier universel.
Les bonnes questions avant de s’installer
Quelques questions simples suffisent souvent à se faire une opinion, sans avoir besoin d’expertise médicale :
- le diagnostic est-il expliqué clairement avant toute proposition de soin ?
- les différentes options de traitement, alternatives comprises, sont-elles présentées ?
- le devis précise-t-il les matériaux prévus ?
- les qualifications mises en avant figurent-elles bien parmi celles reconnues ?
Un praticien qui préconise un traitement lourd sans prendre le temps d’en détailler les étapes ni les alternatives n’inspire pas forcément confiance. À l’inverse, celui qui répond sans se raidir, même à une question un peu naïve, donne un indice appréciable sur la façon dont il travaillera ensuite.
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